Saké Master 2026 : Barnabé Nuytten sacré à Whisky Live Paris

Le secteur du saké continue à se développer en France. 2025 est une année record, aussi bien en termes de volumes importés qu’en valeur pure. On y consomme donc plus de sakés, et de meilleure qualité. Même si l’alcool national japonais n’est plus une boisson de « niche », il n’en reste pas moins que sa réputation d’excellence n’a pas encore atteint le grand public. Parmi les initiatives à saluer dans sa démocratisation, on notera Saké Master, dont la 2e édition s’est tenue le 28 septembre 2026 à la Villette lors du Whisky Live Paris. Organisé par Youlin Ly (La Maison du Saké) et Kei Miyagawa (Kura Master), soutenu par la maison Dassai et son président, le concours veut récompenser celles et ceux qui parlent du saké et le font découvrir à nos tables. Lors de la première édition, c’est Chloé Cazaux Grandpierre, saké éducatrice et sommelière (voir son interview ici) qui l’avait emporté, devant Jean-Baptiste Bosc et Julia Scavo.

Des questions d’actualité

Un an plus tard, la deuxième édition a réuni une quarantaine de candidats dès le matin. Un QCM de culture saké en temps limité a d’abord permis de faire un premier tri, duquel six qualifiés sont ressortis : Barnabé Nuytten, Rosalie Uhlen, Keiichi Matsumoto (en remplacement de Julia Scavo, empêchée à la dernière minute), Luca Snape, Camilla Bonnannini et Gabrielle Lagou. Les premiers départages ont eu lieu autour d’un sujet à soutenir – portant sur une même problématique : peut-on faire du saké hors du cadre japonais ? Loin d’être iconoclaste, l’idée semble même être partagée par la jeune génération de brasseurs et de consommateurs nippons. Trois participants ont été retenus pour la finale : Keiichi Matsumoto (« le saké a-t-il sa place dans les cocktails ? »), Rosalie Uhlen (« le terroir de l’eau ») et Barnabé Nuytten (le craft saké).

Dégustation et service

Une fois les points remis à zéro, la suite des épreuves s’est opérée en deux temps. Tout d’abord une dégustation à l’aveugle, autour de quatre sakés – du plus frais et fruité au plus oxydatif. Ensuite, un service à table, avec création de pairings à la volée. Trois bouchées – haricots verts, foie gras, crumble – à accompagner d’autant de boissons choisies parmi une dizaine de bouteilles, sans préparation préalable. Si le concours se veut ouvert aux « talents en devenir », cette dernière épreuve plaçait la barre haut : pas évident de briller sans une solide expérience en salle. Keiichi Matsumoto, justement, fort de son temps passé en tant que chef de salle et sommelier (Enyaa, Ogata, Shoei), a pu particulièrement briller grâce à un service impeccable. Rosalie Uhlen (Sushi B, Byakko) et Barnabé Nuytten (Hanada, Madame Saké, formateur WSET) quant à eux ont fait la différence grâce à leur capacité à parler de leurs propositions. Pour finir, c’est ce dernier qui l’emporte, et devient ainsi le deuxième vainqueur de Saké Master.

Vous retrouverez leurs interviews dans notre prochain article.

Jess Grinneiser

Rédacteur en chef

Visiteur régulier de l'Asie orientale depuis plus de 15 ans, Jess cherche avant tout à découvrir ce qui lie les cultures entre elles. Gastronomie, artisanat, pop culture... et thé, autant de domaines qui le passionnent et qu'il souhaite partager avec le plus grand nombre.

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.